Introduction du bouddhisme tantrique du tibet
 (la photo duTemple de Jokhang) Du fait de la raret¨¦ des sources ¨¦crites et des traces arch¨¦ologiques datant de l¡¯empire de Tubo, et du style peu r¨¦aliste des r¨¦cits relatant l¡¯introduction du bouddhisme, cette partie de l¡¯histoire tib¨¦taine reste en fait assez myst¨¦rieuse. Les documents ne deviennent plus nombreux qu¡¯¨¤ partir de la seconde vague d¡¯influence bouddhiste (Xe¨CXIe si¨¨cles). La tradition fait remonter les premiers contacts avec cette religion au r¨¨gne de Songsten Gampo (609 ?-650) - bien qu¡¯une l¨¦gende pr¨¦tende que d¨¨s 433, sous le r¨¨gne de Lhatho-Thori-Nyentsen, un texte bouddhique et des objets sacr¨¦s auraient atterri sur le toit du palais royal. On raconte que Songtsen Gampo aurait ¨¦pous¨¦ deux bouddhistes, une N¨¦palaise et une Chinoise, et qu¡¯elles apport¨¨rent avec elles les premi¨¨res statues de bouddha, dont le fameux Jowo expos¨¦ au temple de Jokhang dont la construction est attribu¨¦e au trio royal. D¡¯autres temples auraient ¨¦t¨¦ bâtis par les deux reines, assimil¨¦es ult¨¦rieurement par la tradition ¨¤ deux incarnations du bodhisattva Tara. Les destructions dues aux invasions n'ont laiss¨¦ au N¨¦pal que peu de traces de l'¨¦poque et aucune de la princesse Bhrikuti. Tout au moins la figure de ces deux reines repr¨¦sente-t-elle les deux sources principales de l¡¯influence bouddhique dans le pays des Neiges. Un si¨¨cle et demi plus tard, en 792, on voit les moines chinois chan chass¨¦s sur ordre du roi Trisong Detsen apr¨¨s une joute de magie et d¨¦bats ayant tourn¨¦ ¨¤ l¡¯avantage des Indiens.
Le roi Trisong Detsen a jou¨¦ un rôle d¨¦terminant dans l¡¯orientation religieuse du pays en y invitant un abb¨¦ de Nalanda, Shantarakshita (arriv¨¦ avant 767 et d¨¦c¨¦d¨¦ en 802), puis le grand maître tantrique Padmasambhava (arriv¨¦ vers 817). Ensemble ils ont fond¨¦ le premier monast¨¨re de Samye, Shantarakshita jetant les bases et Padmasambhava luttant contre les d¨¦mons et les forces n¨¦gatives (identifi¨¦s aux traditions religieuses locales dont le bön) contre lesquels les moines ordinaires sont impuissants. La tradition cr¨¦dite ainsi Trisong Detsen d¡¯avoir appuy¨¦ le bouddhisme contre le bön, et choisi le vajrayana d¡¯origine indienne contre le mahayana non-tantrique du monde chinois. Yeshe Tsogyal, ¨¦pouse de Trisong Detsen offerte ¨¤ Padmasambhava qui lui confiera son enseignement ¨¦sot¨¦rique afin qu¡¯elle le cache au b¨¦n¨¦fice des g¨¦n¨¦rations futures, symbolise l¡¯appropriation du vajrayana indien par le Tibet.
 La photo du monast¨¨re de Samye) C'est ¨¦galement sous son r¨¨gne et sous son ¨¦gide qu¡¯aurait ¨¦t¨¦ entrepris le premier travail de traduction de sutras et tantras qui devait fournir le corpus de la « tradition ancienne » nyingmapa. Le r¨¨gne de Langdharma (836¨C842) fut ainsi d¨¦favorable au bouddhisme et on pr¨¦tend qu¡¯il fut assassin¨¦ par un asc¨¨te de cette tradition. De mani¨¨re g¨¦n¨¦rale, le bouddhisme p¨¦n¨¨tre autant en absorbant les traditions religieuses locales qu¡¯en rivalisant avec elles. Le monachisme occupe au mieux une place mineure et c¡¯est seulement vers la fin du IXe si¨¨cle qu¡¯on distingue clairement le clerg¨¦ « rouge » monastique du clerg¨¦ « blanc » laïc, qui devait constituer au d¨¦but l¡¯essentiel du lot.
À cette ¨¦poque, les Tib¨¦tains entrent ¨¦galement en contact avec d¡¯autres religions comme le manich¨¦isme pratiqu¨¦ entre autres par les Ouighours et le nestorianisme en expansion vers l¡¯Orient. Au VIIIe si¨¨cle, le patriarche Thimot¨¦e Ier (727-823) mentionne l¡¯existence ¨¤ Tubo d¡¯une communaut¨¦ prometteuse pour laquelle il r¨¦clame l¡¯envoi d¡¯un ¨¦v¨ºque.
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